Un peu d’histoire…
Teufelsberg, la montagne du Diable. Cette montagne artificielle, dont le nom vient d’un étang situé à proximité, est constituée de gravats et autres résidus issus des vestiges de la Seconde Guerre mondiale.
En effet, c’est à l’avant guerre que ce lieu situé en plein coeur de la forêt devient une université militaire et technique nazie ordonnée par Hitler et construite par son architecte personnel, Albert Speer. Après plusieurs tentatives de destruction par les Alliés durant la seconde guerre mondiale, l’université fut finalement ensevelie pour constituer aujourd’hui le point culminant de Berlin.
Pendant la guerre froide, les lieux seront exploités par la NASA. Teufelsberg devient alors le centre d’espionnage américain chargé de l’écoute des signaux hertziens en provenance de la RDA et de l’URSS. La station est utilisée jusqu’à la fin de la guerre froide en 1989.
Après la chute du mur de Berlin et le retrait des Alliés, l’installation sert pour la surveillance du trafic aérien. En 1999, le Sénat de Berlin vend l’installation et se succèdent depuis plusieurs projets ayant pour but de remettre le site en valeur : des hôtels, des immeubles, un musée sur l’espionnage, une université, et même un centre de méditation proposé par David Lynch. Mais les années passent et aucun d’entre eux ne voit le jour ce qui en fait aujourd’hui un lieu prisé par les amateurs d’exploration urbaine.
Comment y acceder ?
Sitôt sortis du S-Bahn à la station Heerstrasse dirigez vous vers la forêt Grunewald. Pour arriver jusqu’aux bâtiments, il vous faudra longer le chemin autrefois emprunté par les employés américains. L’entrée est formellement interdite et les lieux sous haute protection! Bon courage 😉
Ma visite
Novembre 2016, chaque jour qui passe à Berlin est plus surprenant que le précédent en terme de découvertes et aujourd’hui j’embarque Miriam, mon amie Allemande, et Lilie, mon ancienne colloc, à Teufelsberg, la montagne du Diable…
Nous progressons dans la forêt Grunewald en direction de la tour la plus haute du site qui nous sert de repère. Le bruit du vent et les branches qui craquent sous nos pieds sont les seuls bruits distincts de cette forêt à l’ambiance pesante. On trouve par endroits des monticules de bois qui ressemblent à ceux que l’on pourrait observer lors d’une cérémonie de magie noire, on se croirait dans le projet Blairwitch!



Nous arrivons rapidement au grillage qui entoure les lieux à la façon militaire. Nous apercevons des vigiles qui s’affairent à réparer la clôture et on se dit que la mission ne va pas être simple! En poursuivant notre route vers la droite nous avons la chance de trouver une ouverture dans le grillage et ni une ni deux nous traversons le 1er obstacle!

Après quelques minutes de marche nous arrivons dans la cours de ce qui devait être le self du personnel à l’époque de la NASA. A l’extérieur, un petit terrain de basket fait face à un préau dont les murs sont recouverts de graffitis.
Nous continuons notre progression et nous pouvons distinguer quelques voix sans jamais ne pouvoir définir leur provenance. Sommes nous les seules à visiter les lieux de façon illégale? Est ce que ce sont les gardes? Aucune idée… Nous continuons d’avancer de façon discrète et toujours prudente à travers les bâtiments abandonnés. La nature a repris ses droits et il faut parfois se battre avec quelques ronces pour accéder aux différentes pièces. Nous ne tardons pas à arriver aux 3 bâtiments principaux. Ce lieu est incroyable! Posé au sommet de la colline ces ruines nous replongent dans l’histoire et nous essayons d’imaginer à quoi ressemblait la vie des espions Américains au temps de la guerre froide.
Nous trouvons rapidement l’entrée de l’observatoire principal dont les lambeaux du dôme flottent dans le vent. Lilie nous dit que la vue d’en haut doit être incroyable! Nous commençons donc notre ascension à travers chaque étage dont les façades ont partiellement disparues et laissent entrevoir la ville de Berlin. La résonance est forte et chaque bruit de pas fait écho. Nous entendons de nouveau les voix. Ils parlent allemand. L’exploration se fait en silence, en poussant ça et là quelques cris d’émerveillement…
Les voix se rapprochent clairement. De retour en bas on se retrouve nez à nez avec un homme. Pensant que c’est un autre explorateur nous décidons de le saluer et de tracer notre chemin comme si de rien n’était. Mais celui-ci nous rattrape rapidement et nous demande quelque chose en Allemand, Il n’a pas l’air sympa et même si nous ne parlons pas la même langue je comprends qu’il m’explique que je n’ai pas le droit d’être là.
Nous avions décidé dans la forêt que si jamais on se faisait arrêter les filles ne diraient pas un mot et je prendrai la responsabilité des mes actes en essayant d’embrouiller le garde puisqu’après tout c’est de ma faute si on est là! Miriam est Allemande alors il ne faut surtout pas qu’elle parle ! 🤫
Je prends mon meilleur accent français pour m’excuser en anglais. Il m’explique agacé que si je veux voir les lieux il y a une visite guidée à 15 euros toutes les heures et me réclame donc de payer le droit d’entrée. Mais il est hors de question de payer pour une visite de lieu abandonné d’autant plus qu’on a déjà fait le tour du propriétaire! Après un argumentaire de quelques minutes je lui fait comprendre que l’on ne payera rien et il nous raccompagne énervé vers la sortie ou une bonne quinzaine de personnes fait déjà la queue pour la prochaine visite organisée.













Actualité
L’entrée des lieux est fixée à 5€. La visite historique privée (en journée) dure 90 minutes et est proposée au tarif de 15 euros mais vous pouvez désormais opter pour une exploration à la lampe de poche en soirée. Pour des raisons de sécurité, la plateforme d’observation d’où l’on peut voir tout Berlin est fermée et devrait rouvrir courant 2020. De plus amples informations sont disponibles sur le site Web de Teufelsberg.
J’espère que cet article vous a plu? Vous pouvez partager votre expérience ou vos commentaires ♡

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